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Docteur, rafraîchissez-moi la peau

Ce qui excite dermatos et médecins esthétiques en ce moment ? Associer des techniques qui améliorent visiblement la qualité de la peau. De Paris à New York, douze d’entre eux dévoilent leur protocole fétiche.

Objectif bonne mine

A force de remplir et de raisonner en profondeur de rides, on a fini par délaisser la qualité de la peau. La base, quoi ! Dans les congrès, la bonne mine a une méga-cote ces temps-ci. La projection de photos avant/après y est sans doute pour quelque chose : un teint brouillé sur un visage sans rides, c’est minimiser sérieusement le coup de jeune. D’où cette idée salutaire que, pour rajeunir en restant naturel, il faut aussi se soucier de la bonne santé de son épiderme, dépendante de la densité du derme, juste en dessous. Les labos l’ont compris : ils ont conçu de nouveaux produits injectables et des appareils pour illumineret repulper. Les chirurgiens eux-mêmes, plus habitués au bistouri, se réjouissent des bénéfi ces des injections de graisse autologue (prélevée sur le patient). Si bien que certains ne s’en servent plus seulement pour recréer des volumes, mais aussi pour améliorer la qualité de la peau. Un engouement général porté par l’émergence des techniques de régénération : injecter des cellules souches ou des facteurs de croissance issus du propre sang du patient pour stimuler son renouvellement cellulaire, c’est l’avenir. Les experts de l’anti-âge s’en inspirent pour rebooster notre peau. Des spécialistes nous confient leurs techniques de pointe préférées, éprouvées et à l’épreuve.

DR SANDRINE SEBBAN

Son protocole actuel : Des injections de Skinboosters, ces acides hyaluroniques faiblement réticulés comme le Restylane Vital ou le Teosyal Redensity I, pour garder une bonne qualité de peau, suivies de cinq minutes de Led rouge et d’un masque à l’acide hyaluronique pour apaiser. A renouveler une fois par mois pendant trois mois quand on a l’air fatigué et qu’on a besoin d’un coup d’éclat, puis une fois tous les six mois pour retarder le moment du comblement. On injecte partout en insistant bien sur les zones plus faibles (sillons nasogéniens, décolleté). L’avantage : cela ne change pas l’aspect du visage. On peut faire un peeling superficiel juste avant s’il y a des pores dilatés ou des points noirs.

Et demain ? L’injection de PRP, plasma enrichi en plaquettes, pour prévenir le vieillissement. Mais on manque encore de recul sur les résultats et leur tenue, c’est contraignant puisqu’il faut trois séances à un mois d’intervalle, donc trois prises de sang. De plus, cela reste cher. Un traitement de prévention qu’on pourra sans doute un jour utiliser aussi sur le corps, au niveau des bras, du ventre ou des cuisses.

DR ELLEN MARMUR

Son protocole actuel : Combler les rides et restaurer les volumes avec des fillers, essentiellement de l’acide hyaluronique, sélectionné en fonction de la zone à traiter – plus fluide pour les cernes, plus restructurant pour l’ovale (Restylane, Juvéderm Ultra…) –, ou de l’acide polylactique (Sculptra) chez une personne plus âgée. Le laser Fraxel est intéressant pour réparer les dommages solaires et, à condition que les patients ne fument pas et utilisent un écran solaire, conserver une peau saine et ferme à long terme.Et demain ? Les techniques sans bistouri pour regalber la silhouette : le Liposonix, appareil à ultrasons focalisés qui a reçu, aux Etats-Unis, l’agrément FDA* en 2011 pour réduire le tour de taille, permet également d’affiner d’autres parties du corps, comme les han ches ou les cuisses.

*Food and Drug Administration

DR FRÉDÉRIC BRANDT

Son protocole actuel : Une combinaison de Botox, pour freiner les contractions musculaires responsables des rides d’expression, et de fillers, pour éliminer les rides mais aussi remodeler certaines parties du visage et redéfinir ses contours. Il n’y a rien de mieux pour aider les patients à paraître plus jeunes. A compléter par des séances de laser Emerge ou Clear + Brilliant, pour garder une bonne qualité de peau : comme ils sont moins agressifs que les fractionnés traditionnels, il y a moins de rougeurs après et on peut reprendre le travail le jour même.Et demain ? L’Ulthera, un appareil à ultrasons microfocalisés qui a un effet tenseur (skin tightening). C’est considéré actuellement comme la meilleure procédure non invasive pour retendre la peau du cou et du visage.

DR THIERRY MICHAUD

Son protocole actuel : Les injections de toxine botulique (Vistabel, Azzalure) pour positiver les expressions négatives, effacer un air fatigué ou sévère qui ne correspond pas à ce que ressent la personne. Laquelle retrouve son visage de référence, tout en continuant d’exprimer ses émotions. Une séance suffit, une retouche est possible quinze jours plus tard pour améliorer une correction insuffisante ou une petite asymétrie. Un traitementà compléter par du comblement ou du laser pour une prise en charge globale.

Et demain ?Les technologies qui utilisent des constituants biologiques autologues comme les cellules souches ou la mise en culture de fibroblastes, quand on sera sûr de leur innocuité.

DR JEAN-MICHEL MAZER

Son protocole actuel :  Associer une injection de toxine botulique pour lisser le front, à des séances (deux à quatre) de laser Fraxel Dual à trois semaines d’intervalle, pour atténuer les ridules de la patte-d’oie et apporter de l’éclat. On y ajoute, si nécessaire, une séance de laser CO2 fractionné Repair pour traiter les rides plus marquées de la lèvre supérieure (c’est douloureux, mais on peut faire une anesthésie, comme chez le dentiste).Il faut prévoir de rester chez soi de huit à dix jours pour la cicatrisation, puis de maquiller les rougeurs, qui s’estompent en trois à quatre semaines.Et demain ?L’Ulthera, un appareil à ultrasons microfocalisés qui a obtenu aux Etats-Unis l’agrément FDA « brow lift », pour remonter le sourcil. Comme il a un effet tenseur, on peut aussi l’utiliser au niveau de l’ovale et sous le menton. Mais ça fait mal pendant la séance, et même parfois après, pendant deux à trois semaines. Cela ne remplace pas le lifting, mais ça peut freiner un début de relâchement.

DR ISABELLE CATONI

Son protocole actuel : L’injection de toxine botulique, spectaculaire pour effacer l’air fatigué ou soucieux, chez une personne jeune ou plus âgée. La radiofréquence donne un effet bonne mine immédiat, mais il faut renouveler les séances (six espacées d’un mois pour avoir une peau plus tonique), puis entretenir le résultat. Les techniques qui stimulent, il faut les faire et refaire. Si les patients ne voient pas d’amélioration après deux séances – ce qui arrive parfois –, on passe au laser de remodelage GentleYag, mais c’est plus douloureux. Compter quatre rendez-vous à un mois d’intervalle, puis un tous les huit à douze mois.Et demain ? Les injections de Skinboosters (Teosyal Redensity I) pour réhydrater, entretenir la densité de la peau et obtenir un effet de relissage du dessus de la lèvre, si celui-ci n’est pas trop marqué. C’est égalementefficace sur les petits rideaux des joues, les pattes-d’oie et le fripé du menton. Mais cela nécessite beaucoup de piqûres.

COMMENT ÇA SE PASSE ?

Avant tout traitement, injection ou peeling, le médecin vous demande ce qui vous amène, observe et touche votre peau pour évaluer sa fermeté et son élasticité, et vous questionne longuement. Il peut aussi utiliser :■ un miroir, pour comprendre ce qui vous dérange, et vous montrer ce qui peut être fait ;■ un appareil photo, pour prendre un portrait de vous avant puis après le traitement ;■ un Dermatoscope, pour analyser taches et vaisseaux ;■ un appareil Skin Evidence, pour mesurer le taux d’hydratation et le microrelief ;■ le Visia ou la Ioma Sphère, des appareils qui prennent des photos avec des lumières différentes et renseignent sur les taches, les pores, les rides…

 

source : http://www.elle.fr/Beaute/Dossiers-beaute/Soins-Visage-Corps/Docteur-rafraichissez-moi-la-peau-2307512

 

 

Enlever les rides

Effacer les rides

En médecine esthétique, il existe de nombreuses techniques pour éliminer ou estomper les rides du visage, en complément de la chirurgie. Ces techniques sont diverses et leurs applications sont différentes. Découvrons ensemble les principales méthodes employées.

Injections

Produits résorbables

Ces produits (collagène, acide hyaluronique) sont directement injectés dans le derme afin de « regonfler » la ride. Ces produits sont généralement injectés en 2 séances. Les injections sont à renouveler tous les 6 à 12 mois.

Produits semi-résorbables

Le produits semi-résorbables (Radiesse) sont injectés plus profondément pour combler les creux et diminuer les rides. Ils sont utilisés pour les rides profondes et les cicatrices et redonne du galbe aux lèvres, joues, pommettes… Ces injections sont durables : un rendez-vous peut être pris tous les 2 ans.

Coût

Le prix d’une séance varie entre 150 et 350 € selon le produit utilisé et la quantité.

Recommandations de l’Afssaps

Consultez cet (http://www.afssaps.fr/… article de l’Afssaps] sur la réglementation en matière de produits injectables.

Filling

Le filling consiste à utiliser la propre graisse du patient et à la réinjecter pour combler les rides. La graisse est prélevée à l’aide d’une canule sous anesthésie locale.

Tarifs

La séance dure de 1 à 2 heures et coûte de 600 à 1200 € selon les zones traitées.

Mésolift biologique

Des produits tels que des minéraux, vitamines, produits hydratants sont injectés et visent à éclaircir le teint et redonner de la fermeté aux tissus cutanés. Cette technique est utilisée sur les peaux manquant d’éclat et sujettes aux ridules.

La séance dure 20 minutes : comptez 4 séances minimum puis une séance tous les 3 ou 4 mois. Une séance coûte de 80 à 120 € selon la quantité de produits utilisés.

Peelings

Peeling chimique

Le peeling chimique permet de « faire peler » la peau après l’application de substances chimiques et abrasives. Une séance dure de 30 à 45 minutes (en prévoir plusieurs), et l’intervention coûte entre 150 et 800 € selon la surface traitée.

Microdermabrasion

La technique de la microdermabrasion utilise un appareil qui projette à grande vitesse des microcristaux sur la peau et enlève ainsi une partie de la couche superficielle du derme. Une séance coûte en moyenne entre 60 et 120 €.

Lasers

Les lasers agissent sur la couche superficielle du derme et possèdent un effet tenseur. Ils desquament la peau et permettent une « régénération » cutanée. On les utilise sur des peaux flétries, avec de nombreuses ridules et un aspect irrégulier.

Comptez entre 200 et 800 € la séance.

Lumière pulsée

Les lumières pulsées activent la production de collagène, effacent les tâches brunes et les rougeurs. Cette technique est souvent utilisée sur les peaux abîmées par le soleil. Une séance tous les 6 à 12 mois est nécessaire. La séance dure de 30 à 45 minutes, et coûte de 120 à 250 €.

Fils tenseurs

Ces fils (en nylon, et même en or) que l’on implante sous la peau vont permettre de remodeler l’ovale du visage. La séance dure de 60 à 30 minutes, et varie entre 1000 à 2000 €.

source : http://sante-medecine.commentcamarche.net/faq/4496-enlever-les-rides#mesolift-biologique

Attention aux zones qui trahissent !!!

Certaines zones du corps trahissent les adeptes de la médecine esthétique qui ont recours aux injections ou au lifting sur le visage. En effet, les mains, le décolleté et les bras affichent souvent l’âge réel de la personne. Pour éviter le contraste et garder une certaine harmonie entre le visage et le reste du corps, il existe certaines techniques adaptées à ces zones fragiles. Explications du Docteur Bruno Tantet, médecin esthétique.

Les mains

Au fil du temps, la peau des mains devient de plus en plus fine et les veines se voient par transparence. Sans oublier qu’après cinquante ans, cette peau subit des modifications pigmentaires. «Des petites taches brunes sans relief apparaissent, on les appelle, fleurs de cimetière » explique le docteur Bruno Tantet. «Mais la médecine esthétique est capable et de les enlever et de repulper la peau des mains », rappelle le médecin.

Pour effacer les taches, les dermatologues utilisent le laser, la photoréjuvénation par lumière pulsée. Compter en moyenne 100 à 150 euros par séance pour une élimination durable des taches.

Pour galber les mains, les dermatologues utilisent l’injection d’acide hyaluronique, qui va redonner de l’épaisseur à la peau. Ce traitement complet coûte environ 350 à 450 euros pour un effet qui dure 2 ans.

Pour un effet durable, il est possible de pratiquer le lipofilling. On prélève de la graisse sur la hanche et après traitement de celle-ci on la réinjecte sur le dos de la main. Cette opération vaut entre 1 500 et 3 000 euros, selon les médecins.

Les bras

Les années passant, les bras deviennent flasques. Si les bras ne sont pas trop abîmés, il est possible de pratiquer une lipolyse laser qui se fait sous anesthésie locale et qui permet d’obtenir une fonte graisseuse et redonne de la fermeté à la peau . La séance coûte entre 1 000 et 1 500 euros.

Mais dans le cas contraire, pour des bras vraiment marqués par le temps, iI faut réduire les amas graisseux avec la liposuccion et retendre la peau de l’intérieur avec un lifting (deux opérations qui s’effectuent sous anesthésie générale). Le coût de l’opération est estimé entre 3 000 et 4 000 euros et les résultats sont visibles pendant 10 ans.

Le décolleté

Le décolleté est une des zones les plus fragiles. Il est très sensible au passage du temps. Sa peau fine et pauvre en sébum protecteur subit les nombreuses expositions au soleil et les effets du vieillissement. L’épiderme se dessèche et peut afficher prématurément des plis, des ridules et un aspect fripé. «Pour réduire ces signes du temps, la mésothérapie est très efficace» explique le docteur Bruno Tantet.

La mésothérapie est une technique d’introduction directe dans le derme de substances revitalisantes au moyen de multiples injections superficielles micro dosées. Pour prévenir et traiter les méfaits du vieillissement cutané du décolleté, on utilise un mélange de deux produits: l’acide hyaluronique libre, et un complexe biologique vitaminé pour maintenir en vie des cultures cellulaires. Cette technique permet de rendre à la peau du décolleté sa fermeté et son élasticité. Le produit injecté exerce son effet entre 6 et 12 mois en fonction de votre mode de vie. Lorsque ses effets s’estompent, une séance suffit en général pour relancer une bonne hydratation de votre peau. Le prix varie en fonction de la durée de la séance et des zones à traiter, mais il faut compter environ 140 euros la séance.

source : http://www.topsante.com/beaute-et-soins/soins-anti-age/medecine-esthetique/medecine-esthetique-attention-aux-zones-qui-trahissent-l-age-248127

il existe d’autre méthodes qui n’ont pas été abordées : le laser de réjuvénation, la radiofréquence, les injections de radiesse. Pour plus de renseignements n’hésitez pas à demander

Le Vampire Lift

MÉDECINE ESTHÉTIQUE : TOUTES MORDUES DU « VAMPIRE LIFT »

Médecine esthétique : toutes mordues du « vampire lift »
© Sabine Liewald 

Cette nouvelle technique de rajeunissement à base d’injections de sang fait couler beaucoup d’encre outre-Atlantique. En quoi consiste ce traitement ? Est-il efficace et sans danger ? Enquête sur cette pratique qui arrive en France.

Cette nouvelle technique de rajeunissement à base d’injections de sang fait couler beaucoup d’encre outre-Atlantique. En quoi consiste ce traitement ? Est-il efficace et sans danger ? Enquête sur cette pratique qui arrive en France.

C’est quoi ?

Des injections de « plasma riche en plaquettes » (PRP) faites par un médecin pour régénérer la peau et en améliorer la texture.

Ce plasma est un produit « autologue », c’est-à-dire qu’il est prélevé sur le patient par une simple prise de sang. Riche en facteurs de croissance, ce concentré est censé activer le renouvellement cellulaire et stimuler la production de fibres de collagène et d’élastine. Certains médecins américains seraient fans de cette technique de biostimulation, même s’il n’existe, pour le moment, aucune étude scientifique prouvant son efficacité « rajeunissante ».Le Dr Lisa Airan, célèbre dermatologue new-yorkaise, est emballée : « Nous avons injecté du PRP à des centaines de patients, soit pour traiter des cicatrices d’acné, soit pour changer la texture de la peau. Les résultats sont révolutionnaires. J’ai fait une séance il y a huit semaines et tout le monde me dit que ma peau paraît plus jeune. » C’est aux Etats-Unis qu’on a baptisé le traitement « Vampire Lift » : selon « The New York Times », un dermatologue a même déposé ce nom, obligeant ses confrères à lui verser une poignée de dollars chaque fois qu’ils l’emploient. Un terme que les médecins français n’utilisent pas et désapprouvent. D’autant que cette technique régénérative ne « lifte » pas.

Comment se passe une séance ?

Elle débute par une prise de sang : le médecin, parfois son infirmière, remplit deux tubes d’environ 8 ml, l’équivalent d’un prélèvement lambda dans un laboratoire d’analyses. Le pro utilise un matériel à usage unique, conçu pour prélever et réinjecter en toute sécurité. Les tubes sont placés dans une centrifugeuse pendant cinq à six minutes afin de séparer le plasma des autres éléments du sang. Le médecin le récupère ensuite dans une seringue et le réinjecte un peu partout, là où c’est nécessaire, dans les joues, les tempes, les cernes, l’ovale, le cou et/ou le décolleté. Et, pour traiter les rides plus marquées, il peut aussi enrichir le plasma d’une enzyme qui favorise la coagulation du sang (thrombine autologue) pour obtenir un gel, un peu plus épais, donc plus efficace pour « combler ».

Selon la technique (façon petites piqûres de mésothérapie, façon comblement…), c’est peu ou pas douloureux. « C’est supportable, car c’est court, quinze à vingt minutes d’injections, explique Noémie, qui en est à sa deuxième séance. Ça chauffe et je suis rouge, mais ça s’estompe en quelques heures. Et je sais que je serai légèrement gonflée pendant une journée. » Contrairement à ce qui se passe après une injection de comblement à l’acide hyaluronique, le résultat ne se voit pas tout de suite, mais s’installe progressivement dans les trois à six semaines qui suivent, le temps que les cellules commencent à travailler. « J’ai plus d’éclat, la peau est repulpée et les traits sont défroissés », apprécie Noémie. Les médecins préconisent deux ou trois séances espacées d’un mois, puis une ou deux par an en entretien. Sauf contre-indications : cancer facial, maladies sanguines et auto-immunes, traitements anticoagulants, certains terrains allergiques… D’où l’importance du sérieux de la consultation initiale.

Ça vient d’où ?

En France comme aux Etats-Unis, la technique n’est pas nouvelle : orthopédistes et médecins du sport l’utilisent depuis des années pour traiter les lésions tendineuses. Et les injections de PRP accélèrent la cicatrisation des plaies chroniques. Nombre de spécialités testent leurs bénéfices : chirurgie cardiaque, implantologie dentaire, rhumatologie (traitement de l’arthrose). Certains étudient son intérêt pour améliorer le résultat d’interventions de chirurgie réparatrice et esthétique, en complément d’implants capillaires, de greffes de graisse, et pour traiter les cicatrices hypertrophiques (les vilaines marques en volume). Pas de doute : quand on injecte localement du plasma riche en facteurs de croissance, il se passe quelque chose. Reste à savoir précisément quoi en médecine anti-âge.

Pourquoi certains en sont fans ?

« Les thérapies cellulaires, c’est l’avenir, s’enthousiasme le Pr Guy Magalon, chirurgien plasticien au CHU de Marseille. On utilise un produit qui provient du patient, sans conservateur. Je suis sûr que cela remplacera, dans quelques années, des tas de dispositifs utilisés actuellement. Auparavant, il faut faire des études. » La technique, bien qu’encore peu pratiquée, a déjà séduit des médecins français. « C’est stimulant pour la peau, il n’y a pas de suites gênantes, et cela peut être une bonne solution pour les personnes qui ne veulent pas d’injections d’acide hyalu – ronique », convient le Dr Sandrine Sebban. Même si cela ne comble pas les rides. « Les patientes ont très envie qu’on les traite avec des substances naturelles, confirme le Dr Patrick Brun, dermatologue. On sait que les injections de PRP déclenchent une activité biologique, qu’elles agissent sur tous les constituants de la peau. On constate qu’il y a quelque chose de changé dans le visage, mais c’est difficile à mesurer. »

Le vrai bémol ? Comme personne n’a la même concentration de plaquettes, le médecin ne peut pas prévoir le degré d’amélioration : celui-ci dépend des cellules du patient, qui peuvent réagir un peu, beaucoup ou pas du tout aux injections de son propre plasma.

Pourquoi il ne faut pas s’emballer ?

Parce qu’on n’a pas de recul sur l’utilisation de ce protocole en esthétique. « C’est une voie de recherche. On n’a pas d’élément scientifique prouvant que cela régénère la peau », considère le Dr Patrick Bui, chirurgien esthétique. « Quel est le vrai effet de rajeunissement ? Pour que ce soit efficace, faut-il réinjecter un plasma 2, 4, 6 ou 8 fois plus concentré en plaquettes que le sang ? » interroge le Pr Magalon. Pour le moment, la technique n’est pas du tout standardisée. « C’est intéressant en théorie, mais il y a tellement de nouvelles techniques qui se sont révélées sans intérêt, voire risquées. Il faut que ce soit validé, observe le Dr Thierry Michaud, dermatologue, président du gDEC*. Cela ne me suffit pas qu’on dise que c’est super et que ça marche ! » Autre frein de taille : la mise en oeuvre est compliquée. « Cela doit être fait dans de très bonnes conditions d’hygiène, dans un local aseptisé, insiste le Dr Sebban. On manipule du sang, il faut faire attention. » Même réticencechez le Dr Véronique Gassia, dermatologue : « On ne fait pas que prélever le sang, on le réinjecte. Il faut bien s’organiser, se faire assister par une infirmière pour la prise de sang… » Dernière remarque, et non la moindre, la séance coûte au moins 400 euros.

* Groupe Dermatologie esthétique et correctrice.

source : http://www.elle.fr/Beaute/Dossiers-beaute/Soins-Visage-Corps/Medecine-esthetique-toutes-mordues-du-vampire-lift-1804482